Sous-secrétaire exactement.
Daniela Santanché a en commun une évidente vulgarité à caractère xénophobe avec son ex-chef de parti Francesco Storace (La Droite, la Destra), qu’elle a rejoint pendant deux ans après être sortie d’Alliance Nationale, l’ex-parti néo/post-fasciste alors présidé par Gianfranco Fini. Aujourd’hui elle dirige le Mouvement pour l’Italie, allié du PDL berlusconien. Le 1er mars 2010 elle est entrée au gouvernement « Berlusconi IV ».
Francesco Storace, ex-chauffeur du fondateur du MSI (Giorgo Almirante, qui s’appliquait à la défense de la race sous Mussolini) et ex-ministre de la Santé -mis en examen dans ce cadre et aussi pour l’affaire Laziogate- avait appelé lui en 2007 à envoyer des « béquilles » à Rita Levi-Montalcini, coupable d’être sénatrice à vie et de pouvoir gêner son projet politique par le poids de son vote. Que la centenaire (défendue par le président de la République Napolitano) soit juive était évidemment un détail. Évidemment.
Daniela Santanché s’est elle faite remarquée ces derniers mois pour sa « bataille » contre le voile. De fait une bataille contre les musulmans, très bien illustrée par ses déclarations on ne peut plus provocatrice le 8 novembre 2009 sur un plateau télévisé italien:
« Mahomet avait neuf femmes et la dernière était une enfant de neuf ans. Mahomet était un polygame et un pédophile! »
(Daniela Santanché)
Votre mission: déclencher l’émeute
Daniela Santanché s’était peu avant rendue protagoniste d’un épisode peu glorieux, aggravé par le fait que c’était une probable mise en scène: à Milan, le 20 septembre 2009, elle a fait irruption lors de la fête d’Aïd El-Fitr¹ (dernier jour du Ramadan), cherchant d’ôter par la force son voile à une femme, déclenchant un mouvement chaotique autour d’elle -protégée par les forces de l’ordre- et déclarant par la suite avoir été agressée (un coup de poing) par ces musulmans.
Cette version des faits, après que la nouvelle d’une « italienne combattant pour la liberté des femmes agressée par des musulmans » eut fait le tour du pays notamment par le web (sur le refrain: solidarité à la Santanché) semble avoir été démentie. Selon Peace Reporter, l’agression n’aurait pas eu lieu, et une plainte aurait même été déposée contre Santanché.
Elle s’était également illustrée en recevant une « menace de mort musulmane » en 2007 pendant la tourmente « Van Gogh ». Le train-train italien, on est habitué. Un journaliste (du Giornale évidemment) s’est même fait prendre « en flag’ » récemment, après s’être envoyé à lui même une menace de mort. La mode était alors, l’automne dernier, aux « BR », les brigades rouges, la « gauche », car papi Silvio était alors « agressé » par les juges (les affaires Mills, Mondadori, Lodo Alfano…) et un de leurs repentis (Gaspare Spatuzza).
De Berlusconi elle aime répéter: « j’obsède (Silvio). Inutilement, car je ne lui donnerai pas« ² . Traduction très mauvaise de « non gliela do« . Avec de jolis mots cela veut dire « je ne m’offrirai pas à lui ». Un vaste programme, d’envergure.
Très logiquement, et finalement, Daniele Santanché a été récompensée pour son travail et nommée « sous-secrétaire à la réalisation du programme gouvernemental« . Effet « ministre » garanti. Et « parité »…
Femmes!
Elle rejoint au gouvernement la désastreuse Mariastella Gelmini (éducation nationale), la « trainée » (zoccola, et le mot est de papi) Giorgia Meloni, ex-MSI qui se rend sur la tombe du Duce à l’occasion (« c’était un personnage complexe (…) nous devons arrêter de politiser l’Histoire« ), et l’embarrassante soubrette Mara Carfagna.
N’oublions pas la ministre du Tourisme Brambilla, la reine des animalisti (elle préfère parler des chiens errants quand elle est mise à mal lors d’un débat) et amante des saluts fascistes. C’est d’ailleurs en sa compagnie et en qualité de « promotrice de la Liberté » que Silvio a récemment lancé le concept de son « armée du bien » (contre le Mal) il y a quelques jours.
Pendant ce temps-là, Emma Bonino (Radicaux) faisait la grève de la faim, pour la démocratie en Italie. Mais seulement dans le but de s’assurer des passages à la télévision nous assurent aujourd’hui le quotidien Il Giornale de Vittorio Feltri (propriété de Paolo Berlusconi) et… Francesco Storace.
Santanché a déclaré qu’elle s’impliquera totalement dans son nouveau rôle.
vV
¹ Un article en italien -illustré- sur Aïd El-Fitr 2009 relatant les faits.
² « Berlusconi è ossessionato da me. Inutilmente, tanto non gliela do«
Liens: Il Giornale, Libero (it)
[Maj 2010/03/03, 7h54 :
Madame Santanché est citée, mais pas nommément, dans ce passage du récent et très remarqué article de Robert Maggiori paru dans Libération le 10 février 2010, "L’Italie de Berlusconi, un pays en voie de barbarisation" :
Une petite star de la politique, chef d’entreprise à la droite de l’extrême droite, pressentie pour être sous-secrétaire au Welfare parce que bien aimée de Berlusconi (à propos duquel elle avait dit : «il est obsédé par moi, mais il n’aura pas mon…», ou «il n’aime les femmes qu’à l’horizontale»), s’est distinguée finement en déclarant que «Mahomet était un pédophile».
"Sous-secrétaire exactement ... Pas à côté, pas n'importe où... Sous-secrétaire, Sous-secrétaire... Exactement juste en dessous"







Prouvant s’il en était encore besoin que la femme rejoint bien l’homme dans la stupidité …affichée, comme ses seins. Che tristezza, quest’Italia!:( Persuadée même qu’elles sont pires, les berlusconiettes. Sûr que des pédophiles il n’y en a jamais eu dans l’église catholique romaine….