Abruzzes: la colère des Aquilani

300 Aquilani pénètrent dans leur centre historique par la force

« Reprenons la ville. C’est le slogan qui accompagnait aujourd’hui la manifestation qui a eu lieu à L’Aquila, dans la « zone rouge », celle du centre historique jamais rouvert, militarisé et contrôlé. Un amas de ruines. Resté tel quel, le décor quotidien depuis le 6 avril 2009. Celui de tous les centres historiques qui furent touchés par le séisme des Abruzzes.

Pour la première fois, les Aquilani ont forcé les barrages des forces de l’ordre. Elles leur ont opposé une brève résistance, puis décidé de laisser se dérouler la manifestation sans heurts, se repliant sur Piazza Palazzo (place du Palais, ndr). C’est sur cette même place qu’il y a environ deux mois avait eu lieu un conseil municipal en plein-air, en signe de protestation contre la reconstruction médiatique et la promesse non tenue de la suspension des impôts (une question encore à résoudre puisqu’en en l’état les Aquilani devraient recommencer à payer les taxes à partir de juin), alors que le journal télévisé de la « 5″ berlusconienne diffusait par la suite ces images et en bouleversait la signification, commentant l’action comme celle de personnes réunies pour fêter la réouverture du centre historique.

Aujourd’hui personne ne pourra détourner le sens de ce vient de se passer. Ceux qui se sont retrouvés dans la rue veulent se réapproprier leur ville. Ils veulent dénoncer d’avoir été les victimes d’une reconstruction médiatique et aussi se prononcer sur le scandale du Département National de la Protection Civile et de ses responsables, qui du haut de leur pyramide ont géré l’urgence de l’Aquila. En prenant des décisions définitives, en construisant, en ignorant les instances locales.

Ceux qui se sont retrouvés dans les décombres du centre historique aujourd’hui ne riaient pas¹, dans la nuit du 6 avril 2009, à 3h32.

Alberto Puliafito

14.02.2010: « L’AQUILA, LA RABBIA DEI CITTADINI »
Traduction de l’italien: vV | Source: Il Fatto Quotidiano & Shockjournalism


Video: Luca Cococcetta

3:32, io non ridevo

¹ « À 3h32 moi je ne riais pas » : dans le cadre du récent scandale autour de la protection civile italienne, dans lequel est mis en examen -entre autres- Guido Bertolaso, « héros » de l’Aquila (et du gouvernement), des écoutes téléphoniques entre entrepreneurs ont fait sortir de curieux dialogues, dont ce « moi à 3h32 -heure du séisme- je riais dans mon lit« . Ou également : « Occupe toi de ce boulot, il faut partir vite, parce qu’on n’a pas un tremblement de terre sous la main tous les jours« . Apparait là un point de vue très simple: le tremblement de terre fut un « cadeau du ciel » à exploiter immédiatement pour le business de ces messieurs.

Lire+ : Tous les articles en rapport avec l’Aquila sur ce blog
Liens externes: Shockjournalism, 3e32.com, Giusi Pitari
(it) Video: Inabruzzo.com: lo sfogo degli Aquilani |La Repubblica: L’Aquila, i terremotati invadono la zona rossa – « Non possono portarci via 700 anni di storia »

« È ora di riprenderci la città » Giusi Pitari
(Il est temps que nous reprenions notre ville)

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2 réponses|risposte à/a “Abruzzes: la colère des Aquilani”

  • elenamaria dit :

    Grazie per non averci dimenticato. Merci pour ces paroles! Nous avons besoin de votre attention, n’oubliez pas L’Aquila!!

  • Vito Vespucci dit :

    Credo di poter dire, purtroppo, di essere uno dei pochi che non si è mai dimenticato (vedere la categoria di articoli « l’Aquila »)… Purtroppo, ripeto. … vV

    [maj 21h39] uno dei pochi francesi, intendo

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