
« Gouverner est un « empêchement légitime » à participer aux audiences ». Voici la stratégie de défense globale du Cavaliere et de son avocat Ghedini pour éviter au premier ministre italien de se présenter aux procès Mediaset (audience renvoyée au 18 janvier), Mondadori, et Mills (etc.).
Ainsi Berlusconi se met à voyager « officiellement » et « programmer » toujours plus. Et la récente trouvaille, formalisée par une proposition de loi dite « Brancofiore/Bertolini » va elle toujours plus loin: ce n’est plus l’absence physique pour « déplacement professionnel » d’un président du Conseil qui peut jouer à gêner le bon déroulement des procès, mais sa charge en elle-même: le président travaille et n’a pas le temps d’être jugé. C’est aussi simple que cela.
La prochaine semaine italienne sera particulièrement bouillante, comme nous le rappelle lui-même l’organe de presse présidentielle, toujours plus ordurier. Le quotidien « Il Giornale »:
Le 1er décembre arrivera le verdict définitif sur l’affaire Lodo Mondandori (Fininvest de Berlusconi condamnée à verser 750.000.000 d’euros à De Benedetti). Le 4 décembre repart le procès Mills, où la « participation » de Berlusconi avait été suspendue par le Lodo Alfano (lui accordant immunité). Un décret déclaré depuis inconstitutionnel. Ici, le co-imputé David Mills a été reconnu coupable (4 ans et demi de prison) de corruption. Corrompu par le bénéficiaire de ses faux témoignages: Silvio Berlusconi. Mais aussi le 4 décembre la déposition de Gaspare Spatuzza, repenti mafieux, qui s’annonce retentissante, dans le cadre du procès d’appel contre son bras droit (et fondateur de Forza Italia) Marcello Dell’Utri.
Le 5 décembre est le jour de la grande manifestation à Rome: le « No Berlusconi Day ». Journée anti Berlusconi, lancée « on-line » via des outils de partage comme facebook. Le « Giornale » comme à l’habitude présente l’initiative à ses lecteurs comme celle de « L’Italia dei Valori » de Di Pietro: impensable que « le peuple qui l’a élu » puisse organiser une quelconque manifestation contre son président du Conseil. Et que le Parti Démocrate italien ait choisi de ne pas y adhérer devient un détail insignifiant. Au cas où quand même -ce sera pour défendre l’honneur du président- les croisés de la Liberté a organisé(?) en toute hâte un « Oui à Berlusconi » (« Sì B Day ») à Rome, le 5 décembre: même lieu, même heure. Verra-t-on sur les chaînes de télé de Papi les images des manifestants au « Non à Berlusconi » commentées comme étant celles du « Si » ?!
Pour bien finir novembre, ou bien commencer décembre, de la cour du Cavaliere nous a donc été annoncé que Silvio Berlusconi ne pourra être présent le 4 décembre à la reprise du procès qui l’a déjà défini « corrupteur »: l’affaire Mills.
Que sera l’empêchement légitime cette fois? Ne cherchez pas midi à 14 heures: il a tout simplement « conseil des ministres ». Son avocat Ghedini a déploré ne pas avoir à sa disposition le calendrier des audiences prévues, afin de pouvoir communiquer des dates « utiles ». Soupir.
On souhaite vivement qu’entre deux plats, deux bises , une scarlatine et un lifting, le premier ministre italien -qui n’a pas eu la décence de démissionner promptement- se mette à disposition de la justice de son pays.
vV
Ps. Esiste una versione italiana di questo articolo








Chapeau aux italiens qui continuent d’élire un pareil individu.
… et si ça continue je vais commencer à penser que c’est vraiment leur faute … Mais tout ne me semble pas perdu :) vV