La trainée et le juif qui veulent saigner Silvio… et la mafia au sénat italien

pirates

Corriere della Sera et Il Giornale main dans la main, encore ce matin. Et comme d’habitude, chacun le dit à sa manière: Il Corriere évoque la signora Veronica Lario, future-ex-femme de Berlusconi, cette trainée qui lui demanderait 3,5 millions d’euros par mois dans le cadre de leur procédure de divorce. Il Giornale, de son côté et à sa manière assène (également en première page) son « juif » De Benedetti: l’horrible personnage veut de suite ses 750 millions d’euros (procès Mondadori). Il faut se souvenir des commentaires du Giornale à l’annonce du -somme toute assez récent- verdict contre la Fininvest du Cavaliere pour apprécier à sa juste valeur l’entrée d’un tel vocabulaire sur ce blog. On y reviendra. Ces deux informations, de fait « cette information » lancée en chœur,  cette mélasse de première page n’est pas encore en ligne, mais déjà disposées en version papier, telles des milliers d’affichettes, sur tous les zincs de bars italiens. Et ce pour toute la journée.

Page 9, en bas à droite sur La Stampa on trouve un bien bel article de Riccardo Arena. Rien de neuf pour lecteurs du Fatto Quotidiano (mais aussi de ce blog ou du formidable Adscriptor…) mais si important et nécessaire que ces informations sortent, imprimées « hors organe officiel de résistance« , et sans que cela soit présenté à la défense de l’homme politique incriminé (cf. Corriere della Sera) :

« ET SPATUZZA IMPLIQUE SCHIFANI
Le président du Sénat: « Je n’ai rien à voir avec ça. Je l’attaque en justice« 

Qui est Spatuzza? Très brièvement: un repenti de justice, un mafioso, devenu « attendibile« , crédible. Il témoignera le 4 décembre dans le cadre du procès Dell’Utri (juste avant le « No-B Day » du 5 à Rome, journée « anti-Berlusconi »). Que ressort de cet article? Que Silvio Berlusconi est accusé d’être un protagoniste « hors champ » de « la saison des massacres » (1992-94), et que le président du Sénat Renato Schifani était l’avocat (avant de rentrer en politique) d’hommes puissants. Et que ces clients étaient des mafieux, eux-mêmes impliqués dans cette période charnière: avant et après la mort de Falcone et Borsellino, avant et après l’entrée en politique de Silvio Berlusconi, avant et après l’arrestation de Toto Riina, avant et après Tangentopoli:

Avant et après la naissance de la Seconde République italienne.

Juste au dessus, sur la même page de La Stampa, on peut apprendre que le Sénat, « ce même Sénat », se refuse à débarquer Nicola Cosentino: Pdl, sous-secrétaire à l’économie, « suspecté » de concussion avec la criminalité organisée, avec la Camorra, la « mafia napolitaine ».

Fin de la brève matinale.
vV

Ps. Je crois que cet article nous dit que la présidence du Conseil, ainsi que celle du Sénat, en Italie, sont tenues par la mafia.

[Maj:27.11.09] Je vous ai traduit en français le fameux article, devenu entre-temps « l’un d’entre eux »…

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4 Responses to “La trainée et le juif qui veulent saigner Silvio… et la mafia au sénat italien”

  • Ad dit :

    Bravo Bravo!

    Je viens tout juste de découvrir votre site…
    je suis italienne mais je vis et travaille en France.
    Il fallait un site faisant circuler les infos concernant la catastrophique politique italienne…

    bravo
    ad

  • AeC dit :

    Merci à vous!
    Nous vivons je crois, vraiment maintenant, proprio adesso, des jours cruciaux.
    J’espère vous recroiser ici vite :)
    vV

    Ps. Heureusement je ne suis pas seul : voir les auteurs actifs sur http://italopolis.italieaparis.net et aussi le blog d’Eric Valmir.

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