
(Source: shockjournalism.com)
« Avec des chiffres on comprend toujours mieux une situation: il y a encore 671 personnes qui vivent dans les campements sous tente de L’Aquila. Elles le font par choix, mais aussi -ce que quasiment tous oublient d’écrire à leur sujet- par nécessité. Dans la base de données de la Protection Civile, ces 671 personnes rentrent dans la catégorie « population assistée« , sur un total de 21.874 personnes.
21.203 personnes vivent assistées dans des hôtels (13.224, dont 3.675 à L’Aquila et sa province, les autres étant réparties entre les provinces de Teramo – 5.971 – Pescara – 1.557 – Chieti – 636 – Ascoli Piceno – 114 – et les régions Lazio – 49 – Umbria – 2 – Molise – 3), 7.979 sont hébergées dans des propriétés privées (dont 6.371 dans la province de Teramo, 1.396 dans celle de Pescara et 212 dans celle de Chieti) et 1217 dans la caserne de la Guardia di Finanza¹ de L’Aquila. Également, 4.764 personnes ont bénéficié du Plan C.A.S.E. (« M.A.I.S.O.N.S. ») et 480 des « MAP », ou modules d’habitation provisoire.
Pour interpréter le chiffre de 3.675 personnes invitées dans des hôtels de L’Aquila et sa province, on doit rappeler que cette dernière a une dimension de 5.035 km2 et qu’en font partie des bourgs comme Pescasseroli, Tagliacozzo, Ovindoli; des villages séparés du chef-lieu par une distance atteignant parfois une centaine de kilomètres, ou par une heure de voiture, au minimum.
Mais la passion des chiffres, et du calcul, nous amène à rappeler que fin avril 2009 les assistés étaient au nombre de 67.500 :
- 67.500 – 21.474 assistés = 45.626 personnes
- 45.626 – 4.764 (plan C.A.S.E.) = 40.862 personnes
- 40.862 – 480 (des MAP) = 40.382 personnes
Manquent donc à l’appel 40.382 personnes pour lesquelles nous n’avons à disposition aucunes données.
Où sont-ils? Où sont les Aquilani?
Étant nous-mêmes immergés dans cette situation, au quotidien, nous pouvons émettre quelques hypothèses:
Certains seront rentrés à L’Aquila, dans leurs maisons habitables, peut-être après avoir fait remettre en état leur demeure comme possible; d’autres auront bénéficié d’une autorisation partielle (un artifice permettant le retour des habitants dans leurs maisons endommagées classées « B »); d’autres encore habiteront illégalement dans leurs maisons endommagées; certains se seront réunis autour d’un camp sous tente créé spontanément; et d’autres encore se seront fabriqués leurs propres maisonnettes en bois, ou viveront dans des roulottes, camper, container… achetés, loués, ou reçus en cadeau; et n’oublions pas ceux qui, tout simplement, auront quitté L’Aquila.
Mais combien d’entre eux ont un logement décent, dans leur ville? Aujourd’hui il nous est impossible de le savoir. Mais ce qui est certain c’est que si les médias nous racontent que les conséquences du séisme ont été « résolues », les chiffres eux démontrent pourtant le contraire. »
Source: Shockjournalism.com
Titre original: « E lo chiamano Terremoto Risolto »
Auteur: Alberto Puliafito
Traduction (extrait): vV/Aglioecipolla.com
Tous les chiffres cités par Alberto Puliafito proviennent des rapports officiels de la Protection Civile italienne.
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¹ Police douanière et financière italienne (x)







Les chiffres sont vertigineux.
40382 présentés ainsi, ce n’est pas une statistique.
Ce sont 40382 tragédies en cours.
Exactement. Et tout le monde s’en fout, ou presque. Enfin, pas les Italiens, mais « l’Italie » oui (je fais très court…). aEc