
Ne manquait plus que la voix de l’entraineur en chef. Oubliée la scarlatine, Berlusconi est de retour sur le terrain et commente à son tour la décision de la cour européenne des droits de l’homme. Florilège de nouvelles réactions:
« Pour nous c’est une décision absolument imprévue, imprévisible et inacceptable (…) Nous sommes dans un pays qui ne peut se dire non-chrétien (…) C’est l’une de ces décisions qui, très souvent, nous font douter du bon sens de cette Europe » (Berlusconi Sivio, président du Conseil)
Tarciso Bertone, secrétaire d’État du Vatican: « Je dis que cette Europe du troisième millénaire nous laisse seulement les citrouilles (d’Halloween) et nous enlève nos symboles les plus chers. C’est vraiment une grande perte ».
Ignazio la Russa, ministre de la Défense, se distingue: « Ils peuvent aller crever, le crucifix restera dans nos écoles, dans toutes les salles publiques ».
Et bien sûr, Umberto Bossi, ministre des Réformes de la Ligue du Nord, est de la partie: « C’est une connerie ».
De « l’épicentre » du problème (un mot qu’on ferait bien de laisser à L’Aquila…), l’Institut Vittorino Da Feltre à Albano Terme d’où était partie la plainte, on rassure les fidèles: « ici on se sent très loin de ces polémiques (…) Les crucifix sont dans les salles de classe et y resteront ». Est aussi reportée la voix de parents d’élèves qui auraient commenté ainsi: « Allez donc toucher aux mosquées des musulmans (et voir leur réaction) ».
Le vrai fond du problème est tout autre: Berlusconi tire à lui la couverture Vaticane mais annonce également hier qu’il est grand temps -selon lui- de modifier la Constitution italienne et que le président du Conseil soit élu par le peuple directement. « Aucun dialogue avec ceux qui me haïssent » a précisé Berlusconi depuis Fossa (L’Aquila, où il « livrait » des maisons aux réfugiés), alors que -selon La Stampa- l’entourage présidentiel empêchait à des « journalistes de la presse écrite » de s’approcher du premier italien.
Son empire et toutes ses troupes travaillent actuellement dur pour une reprise en main (l’invasion finale) des médias télévisuels italiens, insérant de nouvelles émissions (notamment à caractère régional sur RAI3) pour étouffer les dernières voix du pluralisme sur le petit écran, et les avocats du Cavaliere planchent assidument sur une idée permettant au patron de sortir blanchi (pas innocent mais bénéficiant de la prescription des faits) des procès dont il n’est plus protégé par le Lodo Alfano.
On souhaiterait que le Vatican soit capable de se dissocier du délire des libertins. J’entends, des croisés du Pdl, ou Peuple de la Liberté berlusconien.
aEc
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[Mise à jour: 8h25]
Source: La Stampa, édition papier / 05.11.2009
Lien articles (it): La Stampa, La Repubblica








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