
La présence du crucifix dans les salles de classe italiennes est une violation de la liberté de religion des élèves, ainsi que de celle de leurs parents. La sentence est tombée, limpide:
La sentence a été émise le 3 novembre 2009, à l’unanimité par les 7 juges de la cour européenne des droits de l’homme.
Au lendemain de l’annonce, plus encore que le Vatican – qui estime la sentence « idéologique », « myope », une « lourde interférence »-, c’est le gouvernement Berlusconi qui monte au front: tout son Peuple de la Liberté (Pdl) hurle au scandale, et contre l’Europe :
« La présence du crucifix en classe ne signifie pas adhérer au catholicisme, c’est un symbole de notre tradition »
Mariastella Gelmini (Pdl), ministre de l’Instruction, Université et Recherche
« Un coup mortel à l’Europe«
Franco Frattini (Pdl), ministre des Affaires étrangères
Mauro Cutrufo, vice-maire de Rome, petite ville italienne au pied des frontières vaticanes a du être le premier -sous la main et donc- à en prendre plein son grade. Forcément. Il se répand:
Pour Gianfranco Fini, le leader perdu par la droite berlusconienne (l’ex-néo-post-fasciste aujourd’hui considéré par ses pairs Pdl plus à gauche que la gauche…) c’est l’occasion de faire front commun:
« (Défendre la) laïcité des institutions est une chose bien différente que de nier la place du christianisme dans la société italienne »
Gianfranco Fini (Pdl) président de la chambre des députés
« Ce serait une erreur dramatique que de faire de l’Europe un lieu vide de symboles, traditions, cultures »
Renato Schifani (Pdl) président du Sénat
À gauche, le néo-premier secrétaire Pierluigi Bersani peut se permettre d’être plus incolore, certainement soulagé d’avoir vu s’en aller récemment (vers l’UDC) le « radical-catho » Rutelli, mais ne se dissocie pas du chœur. Le bipartisme catholique fonctionne déjà à plein régime:
« Je crois que sur des thèmes aussi délicats parfois le bons sens finit par être victime du droit. Une vieille tradition comme le crucifix ne peut être une offense à qui que ce soit »
Pierluigi Bersani (premier secrétaire du Parti Démocrate)
Du centre-chrétien, UDC, le chef commente:
« Le crucifix est un patrimoine civil appartenant à tous les Italiens, car c’est le signe de l’identité chrétienne de l’Italie et de l’Europe »
Pier Ferdinando Casini, principal dirigeant de l’Union des Démocrates Chrétiens (UDC, centre)
Enfin, le commentaire du porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi:
Le rapport amour-haine entre le Pdl berlusconien et le Vatican, bien documenté par l’affaire Eluana Englaro (où ils firent front commun), les dures critiques du Vatican envers l’adoption du « paquet sécurité » du ministre de l’intérieur léghiste Maroni, la publication cet été de « Vaticano SpA« (les secrets bancaires du Vatican révélés par un journaliste identifié comme « résistant » mais quoiqu’il en soit écrivant pour Libero, Panonarama et Il Giornale, titres du groupe de Berlusconi), le lynchage médiatique de Dino Boffo (rédacteur en chef du catholique Avvenire coupable d’avoir élevé la voix trop souvent contre un « indécent » Cavaliere, contraint à la démission sous fond de diffamation -à fond sexuel bien sûr- à son encontre par Il Giornale), et le retour du spectre de possibles élections à court ou moyen terme… n’auront évidemment aucun rapport avec la fougue dont témoignent nos valeureux héros du peuple de la Liberté à défendre la Cristianità de leur terre (que la Ligue du Nord morcellerait très volontiers à la première occasion).
Être ou ne pas être chrétien, ah, c’est compliqué.
aEc
Lien: Lire la sentence de la cour européenne des droits de l’homme
Source principale: La Stampa « L’Europa: niente crocifisso nelle aule »








Encore de méchants juges qui veulent empêcher l’Italie de célébrer sa grandeur….
Contente de vous savoir de retour cher AeC!!
Et ils sont de plus en plus méchants, comme l’explique si bien Jean-Marie Le Ray ici:
http://adscriptum.blogspot.com/2009/11/italie-la-solution-finale.html
Merci pour votre message!
AeC