
Ben Stiller et Alain Chabat (Napoléon) - photo Omega/Capital - Corriere della Sera
Berlusconi est l’invité surprise du cast virtuel de »La Nuit au Musée 2 » (Una Notte al Museo 2). ce sont les dialoguistes de 20th Century Fox Italie qui lui ont trouvé là une jolie place, en période préélectorale. Surtout quand l’apparition du président du Conseil est peaufinée jusqu’au lissage d’un échange, en sa faveur, entre le personnage de Napoléon et Ben Stiller: »Silvio, tout le monde l’aime » lui dit l’Empereur. »Il y en a même qui l’aiment » disait la première mouture…
Napoléon (Alain Chabat) : »Moi aussi j’ai eu une amante très charmante en Italie il y a quelques années, sur l’île d’Elbe, durant d’inoubliables vacances, c’est un secret »
Ben Stiller: un inoubliable séjour »forcé »… (à lui-même : ah ils sont forts en histoire…)
Napoléon: »Je l’ai laissée en ville… J’ai tant de descendants en Italie, l’un d’eux est à ma hauteur*, c’est un type important, un homme très puissant et plein d’esprit, vous le connaissez? Auparavant il chantait sur les bateaux, vous le saviez? »
Ben Stiller: »Non, non… » [le personnage qu'il incarne signifie ne pas comprendre de qui Napoléon parle]
Napoléon: … »Mais si, ils le connaissent tous et tout le monde l’aime »
X (une jeune femme présente dans la scène réagit) : »Ouiii ».
Selon le Corriere della Sera c’est l’hebdomadaire »TV Sorrisi canzoni » qui l’a remarqué, ayant eu l’accès à un document officiel reportant les dialogues italiens sur lesquels travaillaient les »voix » : ‘Tutti lo ammano » (tout le monde l’aime) a remplacé à l’écran »C’è anche qualcuno che lo ama » (il y en a même qui l’aiment) qui faisait pourtant parti des dialogues italiens prévus.
Deux problèmes :
1. Dans la scène originale (en anglais), Napoléon ironiserait sur sa relation avec une jeune aviatrice, et, toujours selon le commentateur, c’est également le cas dans la version française. Point de Berlusconi à l’horizon, ni même aperçu au loin sur une barque clandestine s’approchant des frontières territoriales du beau pays…
2. »Il y en a même qui l’aiment » était la conclusion. A la dernière minute, »Tout le monde l’aime » l’a remplacé. Dans les deux cas le sens d’aimer est ici »apprécier », mais vous avez compris que le problème n’est pas là.
Il concerne encore Berlusconi : y-a-t-il quand même quelqu’un qui l’aime ou est-ce que tout le monde l’aime?
Dans le doute, tout le monde l’aime mais c’est bien sur. Et c’est l’un de ses grands problème du moment. Berlusconi se dit à 75% d’approbation depuis un mois : il aurait gagné 10% (je dis D-I-X) en 30 jours alors qu’un trop rare sondage publié récemment le donnait à 53%, une différence de taille. Lui-même, obsédé par les chiffres, admet avoir perdu un peu de micro-points à cause de la campagne diffamatoire et indigne (je résume) menée »honteusement » contre lui par la gauche (affaire Noemi) et »un juge d’extrême gauche » (affaire Mills) : il serait selon-lui à… 74,8%, un chiffre inventé et encore répété hier soir sur CNN. Et n’oublions pas le record personnel de 77% annoncé live sur France 2.
Alors que son parti le Peuple du Libertain, pardon, le Peuple De La Liberté est à environ 40%, et que la barre minimum du succès semble avoir été posée par lui-même à 40%, un résultat commençant par »3 » serait considéré comme un grave échec. Tous les points comptent.
En attendant (les élections), le message » tout le monde aime Berlusconi » passe sur les écrans italiens. Le film »Une nuit au musée n°2 » (en tête aux États-Unis) a fait une belle entrée ce week-end au box office italien : directement à la deuxième place, vantant déjà 1.300.000 spectateurs pour »Notte al museo 2 »…
20th Century Fox Italie donne sa version des faits par la voix de Osvaldo De Santis, son président et administrateur délégué: »Dans la version américaine, certains personnages font référence à des évènements ou des personnages peu connus (du public italien, ndlr), et ainsi nous avons changé quelques dialogues pour ajouter un sourire là où il n’aurait pas été. Dans cet échange, en particulier, pour la version définitive la nouvelle réplique nous a semblé plus agréable, et qu’elle sonnait mieux ainsi, avec ce »tout le monde » qui lui donne une saveur française ».
Mais les mauvaises langues disent simplement qu’on a voulu ménager la sensibilité du président du Conseil.
Comme disait Mannheimer récemment, commentant son sondage : »les deux dernières semaines [avant les élections] seront cruciales ». On peut y comprendre encore une fois que tous les coups sont vraiment permis.
AeC
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* jeu de mot italien comparant la taille de Napoléon et Berlusconi
Sources:
Il Corriere della Sera (article)
Il Corriere della Sera (vidéo commentée)
La version italienne:
[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=qp8y84LCYM8]






