53% des Italiens accordent assez ou beaucoup de confiance au Président du Conseil italien Silvio Berlusconi (sondage Ipr marketing, 13 mai 2009). Une baisse de 3 points sur 1 mois. Mais c’est surtout 24% de moins que les 77% annoncés par le Cavaliere durant l’interview accordée à France 2, et tout simplement 22% de moins que le chiffre aujourd’hui popularisé en Italie: 75%

Silvio Berlusconi (Massimo Di Vita/Corriere della Sera)
Silvio Berlusconi recueille la confiance de 53% des Italiens, et non pas 75%, ou 77% le récent pic de popularité annoncé à France 2 par lui-même. Il est urgentissime que cela se sache. Non pas que ce soit beaucoup ou trop ou pas assez, à chacun d’en penser ce qu’il veut, mais simplement que cela se s-a-c-h-e.
Un président du Conseil sinon rien
Avec un titre aussi ordurier -une méthode digne du berlusconien « Il Giornale« - je ne fais qu’exprimer une certaine réalité: Confronter les dires du Cavaliere face aux chiffres de sondages parus en catimini ces jours-ci. Enfin. Ce qui me sidère est que, pour savoir cela, je n’ai pas eu besoin de sortir de nuit avec un chapeau et sans mon téléphone portable pour rencontrer de l’autre côté d’un mur aux portes de la ville un type dont la voix était trafiquée et dont l’arrivée comme le départ auraient été dignes des meilleurs Mandrake. J’ai simplement lu la presse. je l’ai achetée dans un kiosque. En l’état embryonnaire du décret de loi sur la Sécurité on peut encore faire ça en Italie, et oui.
Silvio Berlusconi a beaucoup commenté son exceptionnel popularité et ce depuis des semaines. 65% d’approbation sur sa personne, chiffre lancé durant le congrès de création de son parti, le Peuple de la Liberté (27/30 mars 2009) puis tout s’est emballé avec le « show must go on » du séisme des Abruzzes (6 avril 2009) : +12% en 40 jours! le Cavaliere serait selon-lui à 75% d’approbation, un plébiscite qui enfle même en direct, comme sur France 2: +2% en 30 mns d’émission, pour arriver à un pic de 77% annoncé à la France (qu’il sauva peu après d’Al-Qaida: 1 point de plus pour le Nobel de la Paix).
Le Cavaliere à 53% avec une perte de 3% sur le dernier mois
Mais IPR MARKETING a publié un sondage le 13 mai 2009 et délivré des chiffres très différents. L’évolution (+/-) se réfère au mois d’avril et mai 2009
[1] Le président du Conseil Silvio Berlusconi recueille « beaucoup ou assez » la confiance de 53% des Italiens. Il est en perte de 3 points sur le mois d’avril. Ceux que lui accordent « peu ou pas » leur confiance sont 46%, en hausse de 4 points. Sans opinion : 1%, en baisse d’un point. Voilà. À +/- 3% en exagérant un peu sur la méfiance envers les sondages, c’est l’état de la confiance portée par les Italiens envers leur président du Conseil. Elle est identique à celle de mai 2008, selon ce sondage, avec un pic de 62% atteint au mois d’octobre 2008.
[2] Le gouvernement italien recueille « beaucoup ou assez » de confiance de la part de 44% des italiens (-2%), contre 52% qui lui en accorde « peu ou aucune » (+2%), et 3% restent sans opinion (-1%).
[3] Le plus intéressant des sondages montre quelle est la cote de confiance envers l’action des principaux partis politiques italiens (et non pas les intentions de vote). la comparaison s’effectue toujours entre les mois d’avril et mai 2009:
- 50% Le Peuple de la Liberté de Silvio Berlusconi (+/-0%)
- 41% l’Italie des Valeurs d’Antonio Di Pietro (+4%)
- 34% UDC* de Pierfernando Casini (+1%)
- 33% Partito Democratico de Dario Franceschini(+2%)
- 29% Lega Nord d’Umberto Bossi (+/-0%)
[4] Un dernier tableau révèle la cote des ministres. On y remarque qu’en tête caracole le ministre de la Justice Angelino Alfano (63%) qui a donné avec le « Lodo Alfano » l’immunité aux 4 plus hautes charges de l’État (dont le président du Conseil Berlusconi), que le ministre de l’Intérieur leghista Robert Maroni perd 3 points mais est troisième, à 60%, et qu’aucune des femmes du gouvernement ne passe la barre des 50%. Mara Carfagna, désormais célèbre ministre de l’Egalité des Chances y est cependant presque, à 49%, et on peut remarquer qu’elle a gagné 2 points en un mois mais surtout fait un joli +11% sur la distance d’une année. Michela Brambilla, néo-ministre des cercles de la Liberté du Tourisme, commence à 36%.
_a&c_
Ps. Le blog « Straniero » rappelle dans un excellent (et très énervé) article en italien comment Forza Italia (ancêtre du Peuple de la Liberté) avait déjà fait manipuler les chiffres lors la campagne électorale de 1993, annonçant avoir convaincu 1 italien sur 3 (35%), alors que le parti était estimé (et recueilli) le vote d’1 italien sur 5 (21%). Des spots publicitaires du Cavaliere avait tranché: « 1 Italien sur 3 a déjà choisi de voter pour Forza Italia »: 14% supplémentaires « auto-attribués ». C’était l’ »arrivée sur le terrain » de Berlusconi en politique. De +14% en 1993 à +23% aujourd’hui on est pas loin du double sur l’échelle de la manipulation médiatique…

3 / Confiance envers l'ACTION DES PRINCIPAUX PARTIS POLITIQUES ITALIENS (Sondage Ipr marketing, 13 mai 2009)
* Unione dei Democratici Cristiani e Democratici di Centro
Source: www.Iprmarketing.it











enfin de vrais sondages!
Bon, ce n’est pas gagné pour autant mais c’est quand même nettement moins dramatique.
Ceci dit Maroni et Alfano sont encore très bien cotés :-(
Di Pietro a le vent en poupe, j’ai remarqué (dans mon entourage proche et moins proche) qu’il plait aux jeunes.
Oui, et en ce moment il y a une campagne contre lui menée par Il Giornale comme par la gauche… Devinez de qui je parle… et on dit que c’est un homme de droite.
Alfano j’avoue ne pas comprendre, sinon que les Italiens seraient fatigués de vivre en démocratie? … Mah…
a&c