« Il faut éviter les excès à visée propagandiste », dit Gianfranco Fini (président de la Chambre des Députés, nda) aux journalistes alors que le vote (décret de loi sur la sécurité) est en cours. »Mais si la propagande on ne la fait pas en campagne électorale (maintenant, nda), alors quand? » lui répond Umberto Bossi (Ligue du Nord, nda). mais Fini d’adoucit pas le ton non plu sur la récente polémique entre le gouvernement italien et le Haut Commissariat pour les Réfugiés de l’Onu (UNHCR), qui a critiqué le repoussement des étrangers sans que leur soit concéder le droit d’asile. La presse demande alors à monsieur Fini qui selon lui aurait du éviter l’escalade de la polémique: « À ce qu’il me semble, l’ONU n’est pas elle en campagne électorale… ». »Moi en tout cas, je n’exprime pas des perplexités » lui répond Bossi, « seul le vote m’intéresse. Il suffit que ça passe« .

"Ils ont subi l'immigration. Aujourd'hui ils vivent dans des réserves! Pense à voter pour la Ligue du Nord" (affiche de propagande électorale)
Le décret de loi sur la Sécurité a été approuvé hier. 574 votants, 316 pour et 258 contre. Il a introduit entre autres le délit de clandestinité, puni par une amende de 5 à 10 000 euros, suivie de l’expulsion (que le »clandestin » soit interpellé sur le territoire italien ou lors de sa tentative d’y entrer). Également allongé le temps de détention de 60 jours à 6 mois dans des structures ex »CPT » (Centres de Permanence Temporaire’) rebaptisées aujourd’hui »Centre d’Identification et d’Expulsion ». L’obligation d’attester d’un permis de séjour et d’un travail en Italie pour toute démarche administrative (ceci devrait augmenter le nombre de nouveaux-né »fantômes » ou non déclarés). Seule bataille gagnée par les opposants à ce durcissement, l’accès à l’école et aux hopitaux même pour les sans papiers, cependant contrasté par le délit de clandestinité lui-même, qui alarme les fonctionnaires concernés, puisqu’il les obligerait à dénoncer les « irréguliers » de toute façon. Feu d’artifice final, les rondes citoyennes, l’un des thèmes chéris de la Lega Nord, qu’on peut simplement définir comme « rondes miliciennes pour la sécurité du peuple ».
Silvio Berlusconi a fait son apparition au moment du vote final, pour la photo. Le moment était effectivement historique. Tristement historique.
L’Italie est au centre d’une grande polémique (un euphémisme) depuis plusieurs jours et les dénonciations les plus soutenues sont arrivées du Vatican et de l’UNHCR ainsi que du secrétaire de l’Onu Ban Ki Moon, qui dénoncent des expulsions devenues systématiques et considérées »aveugles ». Un déni des droits fondamentaux de ces personnes.
Avant de « sortir de la logique des partis » (devenir « super partes« ) Gianfranco Fini a été l’auteur avec Umberto Bossi de la loi « Bossi-Fini » sur l’immigration (2002), que l’on peut considérer partie importante de ce processus que certains n’hésitent pas à dénoncer comme un retour vers le futur: le fascisme et les lois raciales.
a&c
Sources: Ansa, Reuters, La Stampa, La Repubblica, Corriere della Sera
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« Italie: un décret de loi visant à transformer les migrnts réguliers en financeurs de rapatriement? »
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« Italie, France, une même culture dominante » (blog Célestissime)






