« Avant il y avait des places réservées aux invalides, aux personnes âgées et aux femmes enceintes. Maintenant on peut penser à des places ou wagons réservés aux milanais »
Propos de Rafaella Piccini, reportés le 7 mai 2009 et repris par Matteo Salvini, vice-secrétaire de la Ligue du Nord et député italien.
Une idée nécessaire pour protéger les « gens respectables »ou « La gente per bene« . Difficile de faire ici une traduction « politiquement correct ». On peut entendre « quelqu’un qui se comporte bien » ou suspecter que l’intention soit de définir ce qu’est « une personne respectable ». À noter que la Ligue du Nord, avec Roberto Maroni, « tient » le ministère de l’Intérieur, notamment.
Réaction hier de Silvio Berlusconi depuis le Palazzo Chigi. Le Cavaliere se confirme chaque jour être le meilleur entertainer du pays: « Salvini lui-même a dit que c’est une provocation, une blague (…) Ne perdons pas de temps sur un fait qui n’a aucun fondement« .
Gianfranco Fini a été plus sec: « Il suffit de lire la Constitution pour comprendre que de telles propositions ne peuvent se faire« . Salvini le député lui a répondu: « Moi je votais pour Fini mais il nous a cassé les (…) avec c’te défense des clandestins, islamiques et gitans » [1].
Plutôt alors la police des frontières dans le métro? Mais il y avait un autre petit article à côté dans le Corriere della Sera qui explique peut-être mieux le projet global: Le ministre de la Défense, Ignazio la Russa (PDL, ex-Alliance Nationale) y condamne les propos de Salvini, et, quelques mois après que le Cavaliere ait déclaré qu’ »on ne peut mettre un militaire dernière chaque belle femme italienne » (le sujet était le viol), il explique que « la sécurité des femmes est un réel problème« , et vouloir « créer des wagons sensibles, deux par rame, où pendant les heures les plus à risque seraient présents des agents de police ayant un pouvoir judiciaire, qui pourraient contrôler les passagers« : « Ces agents on les met dans les wagons, la sécurité est mieux garantie sans courir le risque de faire mauvaise figure internationale« . Il ajoute plus loin « On ne va quand même pas retourner à l’apartheid non?« . Au fascisme, peut-être voulait-il dire. Et les femmes, quelle chance elles ont en ce moment. Brunetta (ou le mobbing d’état), La Russa (ici) ou Berlusconi (au choix)… Elles sont realmente chouchoutées.
Les lois raciales. Bref, cet incident sans fondement aucun n’est rien d’autre qu’une évocation très banale des lois raciales fascistes (70 ans plus tard…). La ligue du Nord et Umberto Bossi ont appris à faire de la politique: avaler des couleuvres si besoin est pour se rendre un indispensable allié du Cavaliere, et marquer des points: le parti réalise son programme petit à petit. le fédéralisme avance. Quelques couacs avec les « rondes citoyennes » (milice de quartier) ou la demande de transformer les médecins et certains fonctionnaires -comme les proviseurs- en espions de la police des frontières ayant vocation (ou devoir) à dénoncer les sans-papiers. Mais ça avance bien, clameur ou pas.
« L’Italie ne sera pas un pays multiethnique » (Silvio Berlusconi)
Et puis maintenant on renvoie les barques en Libye. Les demandeurs d’asile pourraient presque s’estimer chanceux puisque qu’Umberto Bossi ou d’autres vaillants chevaliers de la Padanie (le territoire fantoche et fantaisiste de la Ligue du Nord) ont appelé plusieurs fois ces dernières années à utiliser les armes si besoin pour les « repousser ». Plus généralement, au sud du fleuve Po, ça n’est plus l’Italie pour ces messieurs de la Padanie..
« 500 en 5 jours ». Tollé encore donc, mais c’est fait et déjà refait: 287 personnes -annoncé le vendredi 8 mai, puis 80 samedi 9 mai) et dimanche 10, « encore 240 » (les chiffres sont fluctuants suivant les sources) annonce le ministre Maroni, satisfait. Lundi 11 mai 2009 on parle de « 500 migrants -arrivés sur des barques- expulsés en 5 jours »: retour à l’envoyeur.
Le Haut Commissariat pour les Réfugiés (UNHCR) de l’ONU dénonce fortement: La Libye n’a pas signé la convention de Genève sur les droits des réfugiés, et le UNHCR n’a pas accès à ses camps, n’y est pas reconnu. Les quelques descriptions des camps d’accueil libyens ont dénoncé des enfers sur terre, pouvant accueillir par exemple 650 personnes pour capacité de 100. Des conditions inhumaines, en général. Le UNHCR demande à l’Italie d’au moins se préoccuper et de s’assurer que les personnes ayant droit à être accueillies ne soient pas renvoyées dans le pays qu’elles auraient fui pour persécution (comme défini par la convention de Genève: que ce soit pour leur « race », nationalité, religion,…).
« Un tournant historique dans la lutte contre l’immigration clandestine » (Roberto Maroni, ministre de l’Intérieur)
Du Vatican on évoque le « non-respect des droits de l’homme« . Agostino Marchetto, secrétaire spécial du pape sur la question de l’immigration déclare: « On ne peut repousser qui demande de l’aide parce qu’il fuit le théâtre de guerres, si on n’examine pas d’abord sa demande d’asile« . On estime que beaucoup des « arrivants » auraient droit à être accueilli. Encore faudrait-il le vérifier.
« L’Italie nous préoccupe » (l’Etat du Vatican)
Le Vatican a déclaré aussi: « les droits humains sont bafoués par l’Italie (…) Secourir est un devoir« . Et il semble que la constitution italienne soit du même avis. Et puis quand le Vatican rappelle à l’Italie qu’il est lui-même un État c’est généralement pour prendre grande distance: « L’Italie nous préoccupe« .
Cependant, et malgré ces saines réflexions, le président du Conseil a déclaré approuver totalement la décision de son ministre de l’Intérieur. Il a déclaré ceci:
« Aucun scandale (…) Il faut faire le point sur 2 visions opposées: la gauche avec ses précédents gouvernements avait ouvert la porte aux clandestins en provenance de partout. Donc l’idée de la gauche était et est celle d’une Italie multiethnique. Nous ne la partageons pas ». (…) La nôtre est celle d’accueillir seulement qui en a le droit » (Silvio Berlusconi)
C’est bien le problème: il faudrait donc vérifier avant de renvoyer à l’enfer des victimes échappées à de possibles bourreaux… tous ces étrangers multiethniques.
« L’Italie est déjà un pays multiethnique » lui répond le Vatican. L’Italie des Valeurs aussi s’exprime:
« Le gouvernement (italien) adopte une attitude xénophobe et raciste. La solution au problème de l’immigration n’est certainement pas de proposer des places réservées aux milanais dans les autobus ou de rejeter à la mer qui arrive sur la côte italienne » (…) « À ce rythme là, c’est bientôt Obama lui-même qui ne pourra entrer en Italie (…) Berlusconi ne sait pas ce que signifie le terme « multiethnique. Celui qui cherche la race unique, on sait bien ce qu’il a en tête » (Antonio Di Pietro)
Avec ses frasques personnelles et ses envies de plébiscite, Berlusconi ne se mettra pas la « Lega Nord » à dos maintenant et les ministres de la Ligue du Nord sont ravis du soutien. Roberto Calderoli -ministre de la Simplification (des lois)- veut faire offrir la carte du parti à Silvio -en cadeau de remerciement-, et Umberto Bossi, le patron, déclare « Nous ferons des prosélytes« . Ignazio la Russa, ministre de la Défense (PDL, ex-Alliance Nationale) a, lui, une envolée lyrique:
« Au marché de la peur » résume très bien Ivo : « il est impossible aujourd’hui d’affronter le thème de la « sécurité » sans le réduire à un sujet de propagande politique abordé pour capturer le consensus des citoyens, et non pour en résoudre les problèmes« .
Et les 8 kilos de cocaïne de la sécrétaire de la Ligue du Nord, on classe ça où?
Belle éthique avec l’omerta sur l’affaire des 8 kilos de cocaïne! Une secrétaire du groupe parlementaire de la Ligue du Nord à Rome, Simona Patrigani, a été arrêtée à Lugano le 2 avril 2009 en possession de 8 kilos de cocaïne (200 000 doses). La nouvelle a été tue, partout, et annoncée le 7 avril de manière « anonyme » (« une employée du Parlement italien ») à l’exception de « Libero » qui précise (selon lui) que Simona Patrigani « n’était pas inscrite au parti », sur le seul journal ayant publié son nom. Le fait a été aussi signalé par le Corriere della Sera de Rome dans la section « actualité locale: rumeur du web »… Actualité locale: 8 kilos de cocaïne (200 000 doses) transférés par une employée de l’État italien travaillant au Parlement?! Côté comico-politique, Beppe Grillo estimait cependant que la quantité (vraisemblablement qualifiable de « trafic international ») était vraisemblablement à peine suffisante pour « nourrir » 1 mois de rondes miliciennes des partisans de la Ligue du Nord…
Ceci ajouté au fameux thème de la « méritocratie » de la droite berlusconienne, elle-même confrontée aux frasques du Cavaliere (fréquentation « inappropriée » de mineure(s)? une affaire Lewinsky avec la future ministre Carfagna? des petites fêtes régulières avec 50 jouvencelles chez lui? etc.), on est en droit de se demander si l’Italia n’est pas en train de devenir une république bananière.

- Silvio Berlusconi, président heureux du Milan AC, club « multiethnique » (le choix de cette image a été inspiré par la Une de L’Unità du 11 mai 2009)
Et le reste de l’actualité de la semaine? Hooo! …
Grippe porcine: l’H1N1? ça n’existe qu’au milieu des quotidiens. Le premier malade était déjà guéri quand on l’a trouvé… « Comme à la télé! ». Le 8 mai, on est passé à 8 cas, dont « un contaminé en Italie même »: le grand-père d’un enfant romain lui-même atteint par le virus A/H1N1. Fausse alerte (boursière) ou pandémie mondiale, c’est en tout cas pas très fun à exploiter alors il faut chercher dans les archives du web pour en savoir quelque chose… Ici, a dit le sous-secrétaire bientôt promu ministre Ferruccio Fazio, « les italiens ont compris que ce n’est pas un péril imminent et grave« . Ou pas imminent et donc pas grave, au pays du « au jour le jour ».
Les sondages très particuliers du Cavaliere. Il a gagné près de 10% en un mois, selon ses propres chiffres auxquels ont ne peut accorder je le crois aucune valeur -sinon refléter une réelle tendance-, et qui sont repris par tous et tous ses journaux. C’est devenu une « vérité urbaine »: 77%. Il devrait dire bientôt qu’il est l’homme des « environs 80%« , puis « l’homme des 80% ». Ça aidera les italiens en cette période de pré-élections à savoir pour qui voter. Ici on a toujours malheureusement cette tendance à vouloir s’allier avec le plus malin, il più furbo, encore plus évidemment en temps de crise noire. On n’hésite pas non plus demander aux électeurs de voter « pour x » ou tout simplement « pour moi », entre 4 yeux, c’est assez anodin. Le système des « favore« , « piacere« … rendre un service, faire plaisir, tout peut s’échanger au pays du « fai-da-te » (ou « débrouille toi tout seul! »). Suivant cette logique, « je vote pour le meilleur, et je lui dis car il me le rendra« . Avec les paillettes, c’est l’espoir qui fait vivre… non è vero?… (lire aussi « Je vote donc je suis » par Eric Valmir).
Des vrais chiffres? 66% d’approbation pour Silvio Berlusconi, selon Ipr Marketing (sondage commandé par La Repubblica). C’est déjà énorme mais ne semble pas lui suffire. Et le sondage aurait été réalisé après que Berlusconi se soit offert le show de « Porta a Porta », en solo, seul aux commandes de son « J’accuse », à 33% d’audimat (moyenne) sur la RAI 1, record de l’émission, ce qu’il s’est fait un plaisir d’annoncer et présenter comme un nouveau plébiscite.
Liberté de la presse. Freedom House a publié son nouveau classement: L’Italie, 73ème, est sortie de la zone des « pays libres », devenant « partiellement libre« , cas de figure unique en Europe. Berlusconi possède un empire et contrôle ce qu’il n’a pas (la RAI) à travers son gouvernement. Vous pouvez d’ailleurs lire cet article de Jean-Marie Leray à propos du dernier cadeau qu’il entend s’offrir: internet. Le web italien lui-même.
L’Aquila. Le triste anniversaire (un mois) du séisme ayant fait près de 300 victimes et laissé une région sinistrée a été peu évoqué. Dans « Il Giornale », ce n’est aujourd’hui qu’à la gloire de l’œuvre « exceptionnelle » du gouvernement actuel. Mais la réalité est bien différente sur place et on y reviendra. Les fonds annoncés ne sont pas vraiment là, seulement une partie, et avec des obligations dans le temps très floues. Une partie de la somme arrivera dit-on via la création d’une loterie qui est encore à inventer… On n’entend plus parler des enquêtes concernant les constructions. La moitié des appels d’offres pourrait légalement être sous-traitée, ouvrant large la porte à la mafia, un beau cadeau. Plus de 30 000 personnes vivent toujours sous tente actuellement, et ce semble-t-il pour longtemps (Berlusconi a récemment promis de reloger pour le 10 septembre…). On finit par se demander si l’organisation d’un G8 à L’Aquila n’est pas leur seul espoir de repousser un peu l’échéance: leur abandon par l’État en juillet et pas en juin après les élections européennes.
Heurts à prévoir au G8. Mais s’il est maintenu à L’Aquila, au détriment de la Sardaigne où il était initialement prévu (certainement une promesse du Cavaliere qui y a maison, et où on y travaillait depuis 2 ans) le sommet pourrait être très probablement le théâtre de violents heurts destinés à criminaliser les actions pacifistes, comme ce fut le cas à Gênes: « La plus grave suspension des droits démocratiques dans un pays occidental depuis la 2nde guerre mondiale » (attribué à Amnesty international). Prenez note.
Mafia. Giorgio Napolitano a de son côté lancé une nouvelle alarme, disant à peu près ceci: L’organisation mafieuse de Cosa Nostra est en train de profiter de la crise pour investir ses très importants liquidités dans le pays. On parle de 100 milliards d’euros disponibles. Et le dire ainsi signifie que l’opération est en cours, à l’échelle du pays et pas seulement à L’Aquila où l’on craint le business des appels d’offre comme plusieurs fois dénoncé peu après le séisme, dès qu’on a eu évoqué une volonté de reconstruire jugée trop hâtive par beaucoup, notamment selon la Justice. À noter aussi que depuis l’arrestation de Bernardo Provenzano (parrain de Corleone), selon certains les « américains » de Cosa Nostra reviendraient au pays.
Révisionnisme. Le fidèle bras droit du Cavalier Marcello Dell’Utri, « envoyé spécial de l’histoire italienne », nous a fait lui cette semaine l’éloge de Mussolini, « un homme qui a perdu la guerre parce qu’il était trop bon », et ayant un talent de journaliste comparable à celui d’Indro Montanelli. Puis a dit que ceux de la « République Sociale Italienne » (Salò) étaient « à 100% des partisans de droite« . Cela reviendrait un peu en France (attention l’histoire reste cependant très différente) à dire que la Milice était composée de « résistants -de droite- à 100% ». Il a aussi menacé que si les choses continuaient à empirer à la RAI, « nous n’aurions peut-être pas d’autre choix que de la prendre ». Mais c’est qui « nous »?
(Parenthèse: cette dernière phrase (sur la Rai) n’est reportée que sur des journaux en version PAPIER. Papier qu’on semblait annoncer comme voué à la disparition, tandis que Murdoch se déclare aujourd’hui intentionné à faire payer la lecture des quotidiens en ligne. Le papier devient-il l’endroit où l’on publie les informations gênantes? Bref.)

- Silvio Berlusconi, 9 mai 2009 (photo: Massimo di Vita, Corriere della Sera, 10 mai 2009)
Insanités, divorce et Noémi
On rappelle de suite qu’il est à peu près indispensable de visionner l’interview récemment accordée à France 2 (30 minutes fantastiques).
« Il Giornale », qu’on pourrait comparer au Figaro s’il n’était au Figaro ce que ce dernier est à Libération, titre lui samedi sur le journaliste Michele Santoro -en version papier, encore, car ses insanités populistes sont souvent réservées aux environ 250 000 copies papier et pas au web-: Le « fameux opposant et délinquant de l’information », déjà chassé de la RAI par Berlusconi en 2002 (édit bulgare) pour un « usage criminel des médias », a fait son émission hebdomadaire jeudi sur le divorce de l’année. L’invité permanent Marco Travaglio y a rappelé aussi que c’était la presse de droite qui avait « présenté » les showgirls (veline), au plus tard le 31 mars 2009. Santoro a demandé à Berlusconi de ne pas appeler durant l’émission (il s’était fait engueuler une fois déjà en direct par le Cavaliere qui avait conclu en hurlant: « Contenez-vous, Santoro! » [2] ) et lui a proposé de venir y participer. Sage précaution car parfois Berlusconi, s’il n’est pas invité et considère le programme « à charge contre lui », prend le téléphone et appelle l’émission, l’occupe… Mais le besoin ne s’en ressentait pas ici: Berlusconi, après avoir désigné les coupables, y avait déjà envoyé son fidèle Ghedini, son avocat -et député du PDL-: le procès a commencé! à la télévision! Et comme disait « Il Giornale » le lendemain: « Mais qu’est ce qu’il nous veut Santoro avec les showgirls? Regardez le lui, il est le premier à en avoir« . Michele Santoro est un animateur de télévisionS. Comme le Cavaliere, de fait. Alors le raisonnement tient.
Veronica Lario a encore elle creusé le fossé avec son mari en prenant comme avocate celle de la famille d’Eluana Englaro, un symbole fort vu d’ici. Et pour sa part, Noemi Letizia a accordé une interview au Times, de l’adversaire Murdoch, déclarant que « Berlusconi n’est pas son père« . Ah. Alors il est quoi « papi »?
Chasse la rousse et elle revient au galop.
Angela Sozio, employée Mediaset connue pour avoir été une concurrente du « Big brother » italien, et pour sa couleur de cheveux, son tatou, ses loches (excusez moi) et faire partie du harem, a été -la pôvre- l’une des grandes victimes du complot de la gauche ayant amené au divorce, complot visant « à faire croire » qu’on voulait insérer des show girls dans les listes du Cavaliere. Mais c’est plus discrètement hier la Brambilla, elle aussi incarnant le rôle de la rousse voluptueuse (« Sa préférée » a-t-on dit longtemps) et qui a été bien sage, qui est devenue ministre du Tourisme. Elle a patiemment attendu son tour et hop. Elle avait mis un beau tailleur à pantalon argenté pour jurer sur la Constitution. Elle est ainsi remerciée pour son activisme avec les « Cercles de la Liberté« , sorte de salons ambulants du « Peuple de la Liberté », alors « Maison de la Liberté ». Pour la culotte en Liberté, c’est ici.
Ciao ciao la crise. Samedi, Berlusconi a déclaré dimanche que « la crise n’est pas terminée mais le pire derrière nous« . Il devait lui sembler semblait opportun de garder la main sur les titres hier:
Des faits-divers
Dimanche 10 mai 2009, c’était la journée de la mémoire de la « violence politique », honorée par le président de la République Napolitano était célébrée dimanche 10 mai 2009. Les années de plomb et la stratégie de la tension, deux thèmes très actuels. L’ancien président Cossiga a ainsi proposé de gracier Adriano Sofri, qui s’est lui-même reconnu « coupable moral » (mais innocent du geste) d’un meurtre politique, mais à ce que l’on en sait ce dernier ne souhaite pas être gracié d’un acte qu’il n’a pas commis. Peut-être pas le bon bout pour réconcilier effectivement, ou peut-être la volonté du « vieux » Cossiga de se gracier lui-même, puisque s’estimant responsable « moralement » de la mort d’Aldo Moro, avec Andreotti et le PCI de Berlinguer.
Césars du cinéma italiens. Reflet du tout, la remise des prix des « David de Donatello » (césars italiens) avait lieu samedi soir: 14 statuettes entre « Gomorra » -sur la camorra napolitaine, adaptation du livre de Saviano- et « Le Divo« , dédié au personnage très complexe de Giulio Andreotti, aujourd’hui sénateur à vie, et au centre d’à peu près toutes les intrigues italiennes de la deuxième moitié du XXème siècle à nos jours. On pourrait même clore ici « en boucle » avec le début de cet article puisqu’après la remise des prix, le comique Massimo Boldi a déclaré y avoir été discriminé en tant que milanais, car son ancien « partner » romain Cristian De Sica (fils de Vittorio) a reçu une récompense qui selon lui revenait au couple « Boldi-De Sica », ce qui est d’ailleurs vraisemblable. On parle là de films d’une vulgarité dépassant toutes les limites, emplis de futures ministres et dont la popularité est aussi grande que le niveau en est bas: les « comédies de Noël », ponctuelles chaque année. Ya bon.
Fin d’ une autre semaine de « dieta mediterranea », au Régime, en Italie, sous fond de suspense insoutenable dimanche: y avait foot. Mais qui prendra donc la 2ème place du championnat, Milan AC ou Juventus!?…
Majorité, opposition et résistance. Franceschini -premier secrétaire de passage au Parti Démocratique-, déclare que « les prochaines élections détermineront la qualité de la démocratie italienne pour les 10 prochaines années« . Il refuse pourtant, appuyé par D’Alema à qui semble plaire l’opposition de gauche, l’alliance avec Antonio Di Pietro (Italie des Valeurs, ex-magistrat de « Mains propres »), et semble vouloir laisser derrière les européennes un paysage noir, composé de majorité, opposition et résistance. L’alliance entre PD et IDV serait pourtant vraisemblablement la seule chance de former un groupe avoisinant les 30-35%, contre une droite unifiée sous la bannière du Peuple de la Liberté, estimé par Berlusconi à 45% aujourd’hui, et il a certainement raison sur ce chiffre.
Papa. Le Cavaliere n’est pas tranquille car son concurrent Murdoch vient de faire paraître une interview de Noemi: « Berlusconi n’est pas mon père« . Ah. Et puis son vrai père tout les copains ont oublié qu’ils le connaissaient. Et puis le photographe se met à causer, et ça enfle petit à petit. Silvio a fait un tour dehors dimanche après-midi pour vérifier sa cote de popularité. Il a peur de perdre des points chez les femmes. Il se fait prendre en photo avec des passantes « mais seulement si elles ne sont pas mineures » dit-il avec classe. Il a mal au cou. Comme la démocratie italienne.
Bozzo est mort. La veille le Cavaliere était beaucoup plus grave, car Bozzo est mort. Pas le clown mais le prêtre, son confident dit-il, Gianni Baget BozzoCharte des valeurs » des partis politiques de Berlusconi. Il eut des problèmes (quand même) avec le Vatican car trop politisé. Il estimait aussi par exemple le petit état romain trop « fasciné par l’Islam ». Un vrai proche du Cavaliere: sa dernière phrase célèbre restera même peut-être « Veronica? elle combat sur un plan politique« . Il écrivit aussi, entre autres: (1925-2009) ou le dernier rempart des « questionnements intimes » du Cavaliere, etc. Blague à part, c’était un prêtre médiatique, de droite, anticommuniste, ayant inspiré la «
« Me manquera l’ami, le confident, le conseiller, que j’écoutais plus que tout autre et que je sentais adhérer intimement à toutes mes pensées et intuitions. Avec sa disparition je ressens non seulement une grande douleur mais aussi un vide et un manque qu’il me sera difficile de combler » (Silvio Berlusconi, hommage à Bozzo).
Bozzo, la religious-touch du PDL lui a fait un dernier cadeau, offrant (à son insu mais il aurait vraisemblablement accepté) au Cavaliere une réponse à l’éditorial destructeur de l’Avvenire paru quelques heures plus tôt contre lui dans le cadre de l’affaire Noémi, mots préoccupant assez Berlusconi pour leur possible effet collatéral sur son électorat catholique (-23% chez les pratiquants, selon un sondage Ipr marketing publié le 7 mai 2009 par La Repubblica -page 8-).
Outing. On peut aussi signaler la jolie annonce de Gianni Alemanno, maire de Rome, post-fasciste élu sur appui de la presse berlusconienne ayant exagéré pendant des mois sur « l’insécurité », qui dimanche dénonçait « l’inhumanité du fascisme envers les juifs »… Déjà les juifs, c’est un pas, encourageons-le: Evivva Gianni! Il avait déjà fait une déclaration en ce sens, à Auschwitz, en novembre 2008 où il dénonça nazisme et fascisme (imitant Gianfranco Fini en 2003), alors que chez lui à Rome il se remettait à l’avis « d’experts » ou « sages » pour savoir si l’on pouvait (ou avait le droit?!) de baptiser une rue du nom de son (ex?) maître à penser Giorgio Almirante, du MSI, parti bâti sur les cendres du gouvernement fantoche des tout derniers fascistes: la République sociale italienne (Salò) où Alemanno fit sa jeunesse politique (Front de la Jeunesse). Delanöe a eu une gentillesse pour Alemanno aussi, récemment, rappelant les saluts romains qui ont « bénit » son élection récente. Un fait-divers de plus.
Et la dernière de la matinée, sur le « digital terrestre »: Alliance en vue entre MEDIASET (Berlusconi) et.. la RAI, qui abandonnerait ainsi SKY, le groupe de Murdoch. Ce dernier propose pourtant une somme colossale (un chiffre record de 474 millions d’euros) et de poursuivre la collaboration avec la télévision publique italienne. Problème: il y aurait actuellement une majorité de représentants du Peuple de la Liberté (Berlusconi) au conseil de la RAI et cette majorité travaillerait déjà, selon La Repubblica, pour tout bloquer et ainsi placer la télévision publique italienne quelque part dans la pyramide MEDIASET de Silvio Berlusconi. Un autre fait-divers colossal.
Mais alors peut-être que Murdoch, passablement contrarié, va tenter avec sa « presse » de mieux nous informer sur ce « Dallas sur l’Arcore » (l’affaire Noémi)? Qu’on rigole un peu quand même…
a&c
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À lire aussi sur ce blog:
« L’Italie, pays berlusconien à plein Régime » (29/04/2009)
« 1 phrase #6 (Marcello Dell’Utri)«
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[1] « Io votavo per Fini ma c’ha proprio rotto le balle con ’ste difese di clandestini, islamici e zingari ».
[2] Le « mot » est festé fameux: « Si contenga! » (Berlusconi a Santoro)









Pourquoi en étant italienne, je n’arrive pas à trouver des commentaires si bien faites en italien?
Aglio & Cipolla sei bravissimo.Je n’ai rient à ajuter : ça reflets vraiment ce que en train d’arriver en Italie…quel honte…
Grazie!!!!!
Dis moi pour quel journal tu travaille que je vais tout de suite à l’acheter!
Mi colpisce sempre quando uno straniero comprende cosi bene il mio paese…di piu’…mi emoziona.
Posso chiederti almeno dove vivi in Italia?
Bonjour Flavia, merci pour les compliments! J’essaye de comprendre ce qui se passe et je fais moi-même des erreurs j’en suis sur. Et j’oublie des « détails » importants dans ce flot ou chassé-croisé incessant de mots banalisés… (comme cet article - »la Constitution obsolète pour 56% des sympathisants du PDL »*- par exemple qui aurait du trouver place aussi ici, dans mon article pourtant déjà trop long). Pas évident de suivre. Je ne travaille pour aucun journal sinon ce blog totalement indépendant. J’habite vers Bologna, en pleine « Emilia rossa » (e un pò paranoica ;), un hasard de mon histoire, d’ailleurs. Ton commentaire flatteur me fait d’autant plus plaisir que l’un des problèmes que me pose ce genre d’article est que l’on puisse penser que je n’aime pas l’Italie, ou que je suis un donneur de leçons à la française, la « grandeur française etc. ». Ce n’est vraiment pas le cas -ou pas mon intention-, et je n’entends pas déménager, au contraire: je me suis toujours senti ici en Italie une espèce de réfugié politique de la suffisance, médiocrité, résignation et grisaille françaises dans de nombreux domaines.
à bientôt :) a&c
* http://www.corriere.it/politica/09_maggio_03/renato_mannheimer_costituzione_obsoleta_per_chi_vota_pdl_d21f0da6-37b1-11de-8d05-00144f02aabc.shtml