Un entretien exceptionnel (30 minutes*) a été accordé par Silvio Berlusconi à Philippe Visseyrias, correspondant de France 2 à Rome, et en langue française s’il vous plaît. Des extraits en ont été diffusés au journal télévisé de 20 heures hier soir. L’intégralité de l’entretien est disponible sur le site de la chaine française.
On y a entendu des choses assez fantastiques, mais rien de bien neuf. Bravo au journaliste, en passant, qui a su ne pas l’interrompre, lui poser des questions « au niveau », et faire ainsi dérouler sous nos yeux la logique bien huilée de la pensée berlusconienne dans toute sa splendeur. En espérant évidemment que ce qu’a dit le Cavaliere soit maintenant un peu analysé.
L’homme de tous les records.
Un miracle s’est encore produit, en pleine émission: +2%. Silvio Berlusconi arrive sur le plateau à 75% d’approbation, et plus tard annonce un « tout nouveau chiffre de ce matin, à 77%« . Il a donc gagné, selon lui, près de 10% en un mois . Il faut préciser que tous ces chiffres sont délivrés par lui-même.
« Ma séparation? je l’ai gérée avec classe » (Silvio Berlusconi, 6 Mai 2009)
Mais s’il est plébiscité par le peuple italien, selon lui, « 90% des médias italiens sont contre moi, y compris les miens » et cela « parce qu’ils veulent passer leur temps à vouloir prouver qu’ils sont indépendants » a-t-il dit avec un cynisme désarmant.
Le problème de la liberté de la presse a pourtant été gravement soulevé ces derniers jours par le nouveau classement de « Freedom House » (ironie du sort, cette organisation indépendante a le même nom que l’ancien parti politique de Berlusconi: « la maison de la Liberté ») qui tire un bilan très, mais vraiment très différent.
Selon cette autre « maison », à la 73ème place mondiale, l’Italie est devenue aujourd’hui un pays « partiellement libre » en ce qui concerne la liberté de la presse: l’unique cas de figure de figure européen en la matière. Et ce parce que Berlusconi possède un empire médiatique monstrueux, qu’il l’utilise à des fins politiques, et qu’il contrôle désormais ce qui ne lui appartient pas à travers son gouvernement: la RAI.
« Je préfère ne pas pas parler de ce problème personnel douloureux” (Silvio Berlusconi, 3 mai 2009, La Repubblica)
Le Cavaliere, dont la ligne était donc, les 2 et 3 mai 2009, “de ne pas pas parler de ce problème personnel douloureux” s’est vanté aussi d’avoir été plébiscité par l’audience chez son ami Bruno Vespa. Car avant France 2 il s’est offert le plus populaire des talk-show italiens: « Porta a porta », sur RAI 1. « 43% d’écoutes » dit-il, « Avec moi le programme a établi son record » précise-t-il même. Le vrai chiffre a retenir serait une moyenne d’écoute -énorme et effectivement record- de plus de 30%, le chiffre indiqué par le Cavaliere étant le « pic » maximum.
D’ailleurs l’hebdomadaire « Chi », qui doit lui appartenir de près ou de loin à travers son groupe de presse, doit battre aussi des records de vente ces heures ci. Il a paru hier, publiant en exclusivité les photos du « fameux anniversaire de Noemi ». Que beaucoup d’internautes considèrent truquées, et ils ont d’ailleurs décidé ainsi de s’en amuser un peu.
Et la jeune Noemi Letizia, justement? Il déclare ne l’avoir vue que « 3 ou 4 fois » (demander à sa secrétaire pour confirmation, suggère-t-il), et toujours en compagnie de ses parents. Mais d’ailleurs, « quel président du Conseil serait assez fou pour se mettre dans une telle situation? » (avoir une relation avec une mineure), assène-t-il.
« Obama est bronzé« . Une nouvelle occasion de s’excuser mais il ne le fera jamais semble-t-il, car il voulait tout simplement dire que lui aussi aimerait être bronzé, toujours bronzé, et aussi jeune et dynamique que l’est le président américain (qu’il a aussi accusé d’être responsable du « virus » de la crise économique mondiale, et qui ne l’a toujours pas invité officiellement, ce qui le rend tout à fait matto, Silvio. nda).
Etc.
Il est aussi bon de préciser que je ne pense pas que Silvio Berlusconi était hier à Rome pour France 2. Il participait à une cérémonie, « Rome capitale« , en compagnie du maire Gianni Alemanno. L’aboutissement d’un projet qui « réalise le rêve de Bettino Craxi« , a-t-il dit. Puis,il a laissé ces mots sur le libre d’or du Capitole: « Finalement Rome capitale! un résultat et un succès que j’ai, que nous avons souhaité depuis si longtemps. Evviva« . Il a quand meme écrit « nous », juste après « je ». Pardon, « Je ».
L’intégralité de l’interview est en ligne ici sur le site de France 2 et la vision en est fortement recommandée.
a&c
Source: Il Corriere della Sera








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