« Berlusconi et les jeunes filles », une fable du journal l’Unità

"Le Bas-Empire" (L'Unità, 4 mai 2009)

Palais Grazioli:
« Des plats, des bises »

Auteur: Riccardo De Gennaro
Traduction: a&c
L’UNITÀ – Lundi 4 Mai 2009

Une fête parmi tant d’autres. 50 couverts à table car telle est la volonté du maître de maison. Et beaucoup de jeunes femmes, souriantes. Remerciées avec des bijoux et des colliers.

les couverts sont toujours 50, probablement un numéro qui plaît au président du Conseil qui peut-être le considère adéquat pour toute occasion. Une réunion politique, un entretien d’affaires, une fête.

Palais Grazioli. La table est placée au centre d’un magnifique salon qui rappelle celui d’un restaurant de luxe, mais se trouve à Palazzo Grazioli, la demeure privée de Berlusconi, en face du Palazzo Venezia. Vide, la salle impressionne un peu, surtout quand les invités sont 4 ou 5 et se demandent  naturellement quelle est la raison d’être des places restées inoccupées.
Que des chaises restent vides n’est pas un problème en soit, mais on sait aussi que le président du Conseil est un homme plein de fantaisie. Difficile de ne pas s’attendre à quelques surprises.

Et voilà. Il suffit de quelques minutes pour comprendre que ce soir le premier ministre n’a aucunement l’intention de parler de politique ou d’affaires.
Et de fait, tout à coup les portes s’ouvrent grandes et le voilà qui apparaît, accompagné par son fidèle ménestrel Apicella, et escorté par une cinquantaine de jeunes filles. Elles ont toutes la vingtaine environ, peu habillées, et ressentent tellement d’adoration pour leur hôte qu’elles entonnent immédiatement la ritournelle personnelle du maître de maison: « Heureusement Silvio est là! »*. Mais Silvio n’entend pas se limiter à regarder. Plutôt être le protagoniste de la soirée.

Comme d’habitude.
Et alors le voilà qui prend le micro, placé au centre de la table, et qu’en guise de remerciement il entonne à son tour quelques couplets populaires, accompagné par le très sympathique Apicella. Ce sont des chansons paillardes au double sens prononcé, laissant quelque peu interdites certaines des personnes présentes.

Les filles semblent enchantées par la performance. Elles rient, blaguent entre elles et ne cachent pas leur joie de participer à une soirée qui restera à jamais dans leur souvenir comme l’une des plus belles de leur vie. Une fois fini avec ses chansonnettes, le président du Conseil -qu’on surnomme l’Empereur peut-être aussi pour cela- n’a aucune gêne à se faufiler entre les invitées, une bise par ci, une caresse par là, et inviter une élue parmi toutes à prendre place sur ses genoux. Il a peu d’appétit de toute façon.
Le président du Conseil, de fait, limite son repas à une seule bouchée. Une. Puis plus rien. Pourtant les mets sont excellents. Les serveurs sont distraits et semblent presque accomplir leur tâche à contrecœur: plutôt que poser délicatement les plats ils les laissent presque tomber. Qu’elles soient des apprenties soubrette ** ou de futures eurodéputées est un fait qui ne semble absolument pas les intéresser.

Et effectivement, qui qu’elles soient, leur récompense sera de toute façon bien supérieure à la rétribution des domestiques:  À la fin du repas, les valets entrent encore une fois, avec des plats d’argent, et offrent à chacune d’elles un bijou, un collier, un bracelet. Les jeunes filles sautillent, poussent des petits cris, remercient leur généreux Amphitryon, bien qu’aucune d’elles ne puissent encore se permettre de l’appeler « papi ».
Peut-être plus tard.
Cette histoire semble être une fable, mais ce n’est pas une fable: elle m’a été racontée par une personne qui l’a vécue et qui, on peut le comprendre, préfère garder l’anonymat.

Riccardo De Gennaro

L’UNITÀ Lundi 4 Mai 2009
Titre original: « Palazzo Grazioli. Tra piatti e bacetti »
Traduction française: Aglio E Cipolla

* « Meno male Silvio c’è »
** terme utilisé en Italie pour définir les « show girls » télévisuelles

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4 Comments

  • Sympa ce blog sur le grand Silvio! bonne continuation.

  • c vraiment un salaud ce Barlusconi, vulgaire

  • Io sono Italiano!!!!!
    Je lis toujours des choses des francais qui sont jalouses des Italiens.
    Le culture Italienne est la plus grande dans le monde, les biens culturels de notre Italia sont les 70% de tout le monde !!!!
    La gastronomia de notre Italia est la meilleure et la plus connu de tout le monde !!!!
    Nos formages et vins sont aussi de chez nous les plus numerosi, les plus meilleurs et de grande varieté au monde !!!!

    Vous les francais ne savait que etre jalouses, vous vous cryez les plus forts avec arrogants !!!!

    Forza Italaia et notre Cavaliere.

    Alberto.

  • Ah pauvre italien d’Alberto si seulement tu savais combien vous etes … tu n’aurais pas parler des francais de cette maniere.
    Vous avez un long chemin avant d’atteindre tant soi peu les francais au genou.

    Bertrand Chevalier