C’est ce qu’estime le Corriere della Sera aujourd’hui dans un article consacré au passage obligé pour un président américain: le « bilan à 100 jours ». Barack Obama (Barack Hussein Obama II), 44ème d’entre eux, n’échappe pas à la règle, et peut-être lui encore moins qu’un autre si l’on considère le flot de symboles et d’espoir qu’ont suscité sa campagne puis son élection à la tête du pays. Ce sont, selon le journal, popularité et pragmatisme qui les associent dans cette surprenante analyse.

F.D. Roosevelt, J.F. Kennedy, R. Reagan, B. Obama
Franklin Delano Roosevelt (1982-1945), fut le 33ème président américain, de 1933 à 1945. Ses 100 premiers jours furent caractérisés par la situation dramatique dans laquelle était plongée le pays: la Grande Dépression. À son arrivée au pouvoir, 24,9 % de la population active, plus de 12 millions de personnes étaient alors au chômage, et deux millions d’Américains étaient sans-abri. Il fit voter pendant ses « 100 jours » une série de lois économiques et sociales, 15!, toutes adoptées par le Congrès. Elles donnèrent naissance au premier « New Deal« . « Aucun président n’a égalé ce record« , estime le Corriere della Sera. Il reste dans l’histoire comme l’un des plus « grands » présidents des Etats-Unis.
John Fitzgerald Kennedy (1917-1963), fut le 35ème président américain, de 1961 à 1963. Son mandat se termina prématurément puisqu’il fut assassiné à Dallas le 22 novembre 1963. Entrée en fonction le 20 janvier 1961, ses 100 premiers jours seraient « à oublier« , estime le Corriere: caractérisés d’abord par la défaite dans l’espace des Usa face à l’Urss, c’est-à-dire à l’époque le lancement du premier homme en orbite (Youri Gagarine, 12 avil 1961) puis par la dangereuse escalade diplomatique restée dans l’histoire comme l’affaire du « débarquement de la baie des cochons » (15 avril 1961): tentative ratée d’invasion américaine de l’île de Cuba en vue de renverser Fidel Castro, d’où un choc politique frontal entre américains et russes, toujours, amenant plus tard à la « crise des missiles de Cuba« , jusqu’à laisser présager d’une possible nouvelle guerre mondiale, nucléaire. Toutefois, malgré ses débuts difficiles la cote de popularité de « JFK » resta immense, « jusqu’à 83%« !
Et le Corriere arrive à Ronald Reagan (1911-2004), 40ème président en charge de 1981 à 1989 qui « a pris ses fonctions en pleine crise économique comme Obama« , et a pourtant réussi à maintenir une haute popularité -environ 60%-. Bien que Reagan déclarait que « l’État n’est pas la solution à nos problèmes… L’État est le problème« , un point de vue très différent de celui d’Obama qui lui « voit la solution en l’Etat », le journal insiste sur un point les rapprochant: le pragmatisme dans leur démarche politique. Somme toute, pour le Corriere della Sera, s’il fallait comparer les premiers 100 jours d’Obama à ceux d’un « ex » , ce serait ceux de Reagan qui en seraient le plus proche. Curieux ou amusant, non?
Mais dans la presse mondiale, on peut lire à peu près tout et son contraire sur ces premiers pas du 44ème président. Ainsi The Independent évoque Obama comme celui a changé l’Amérique de « 100 façons en 100 jours » alors que le New York Post titre lui sur « 100 jours, 100 erreurs« .
« 100 jours », autant dire rien sur un mandat. On souhaite bon voyage à Obama, et somme toute on ne peut qu’être rassuré que les comparaisons avec JFK, et donc les funestes présages que cela véhicule, s’éloignent un peu du président américain.
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Source: Il Corriere della Sera
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