Deuil national? La serie A ne s’arrête jamais…

La serie A italienne n’observera aucun arrêt: au lendemain de la journée de deuil national et alors que la recherche de possibles survivants continue, le championnat a repris cet après-midi… C’est néanmoins depuis le monde du calcio que s’élève une contestation à ce bien triste exemple.

Comme le souligne Malcom Pagani de L’Unità, malgré des initiatives de soutien (maillots vendus aux enchères, matchs amicaux en arrivée…) et de solidarité venant de joueurs (Totti, De Rossi, Frey, Seedorf, Zanetti, Toni…) ou de clubs comme Naples, Florence, Turin ou Lecce , la Serie A du Calcio italien ne s’arrête pas.

La majeure partie des entraineurs s’est plutôt, à chose décidée, réfugiée derrière la décision de la fédération de n’avoir rien changé au programme.

C’est l’entraineur de Palerme, Ballardini , qui a lui-même tiré la sonnette d’alarme et appelé des journalistes: « Le championnat aurait du s’arrêter. Point à la ligne. Cela aurait donné un vrai signe de soutien entre notre monde, le calcio, souvent considéré lointain des « gens », mais qui n’est pas pourtant pas aussi indifférent qu’on pourrait le croire« .

Ces « c.t. » comme on les appelle ici sont bien obligés de commenter, même embarrassés.

Ainsi De Canio à Lecce: « Je crois que l’Association des Entraineurs aurait du faire suspendre le tournoi. Je n’ai rien dit avant parce qu’on ne me l’avait pas demandé. Mais vous savez, des paroles venant de l’entraineur du Lecce… » conclut-il sous-entendant son peu de poids dans une telle histoire.

À Florence, Prandelli dit « D’abord j’ai pensé qu’il aurait été juste que personne ne joue et qu’on parte nous-mêmes là-bas aider ces gens, un peu pour combler l’écart qui existe entre la vie réelle et le football. Puis a prévalu (dans notre décision) l’envie de jouer même si cela est un grand sacrifice mental« .

Spaletti de Rome: « Je ne sais pas pourquoi le stop n’a pas été décrété, je ne connais pas le règlement en la matière ni la raison pour laquelle la serie B s’est arrêtée et pas la A. Mais arrivé là je dirai que le football, qui représente divertissement et loisir, va peut-être aidé ces personnes en leur donnant la possibilité de vivre quelques instants agréables « .

Ranieri de la Juventus est beaucoup plus clair : « Nous ne voulions pas jouer, mais c’est la « Lega » qui décide, pas nous« .

Bref, bien qu’en désaccord avec leur fédération ils n’ont pas su s’imposer à un moment important.

Rappelant au passage la tragédie du Heysel, L’Unità souligne combien, encore une fois, le calcio est « hors-phase » en ce lendemain de deuil et quotidien de tragédie nationale. Le cirque aurait effectivement pu être fermé pour quelques jours.

Quand le Calcio ne sert à rien

Quand le Calcio ne sert à rien

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Source: L’Unità (Malcom Pagani)

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