Tous à la mer!

Silvio Berlusconi (web DR)
L’Aquila. En ce moment de grande préoccupation et d’extrême urgence sur place, les « berlusconades » ont effectivement repris comme cela a été reporté, néanmoins traduit très hâtivement par les médias français.
Qu’a-t-il dit exactement? C’était hier depuis les tentes pour réfugiés de Sal Demetrio (L’Aquila) : « Allez sur la côte, c’est Pâques, prenez-vous un moment pour vous aux frais de l’Etat. Soyez tranquilles, pendant ce temps nous faisons l’inventaire des maisons abimées (par le séisme) et vous, vous allez sur la côte. Vous serez servis et choyez. Les enfants, dites à la Mamma de vous emmener à la mer. » [1]. Ces propos sont reportés aujourd’hui uniquement et en première page sur les colonnes de L’Unità, habituel gardien du phare même par gros temps
Pourquoi l’a-t-il dit? La panique gagne sur le terrain. À sa manière, il a essayé d’inciter les réfugiés à libérer les lieux très dangereux et sujets à de perpétuels secousses, parfois effrayantes bien que généralement infimes. Les autorités ont du mal à gérer la situation et veulent tenter l’impossible. Vendredi sont prévues les obsèques nationales mais les fouilles ont été ce matin repoussées jusqu’à dimanche.
Les habitants des villes sinistrés craignent eux de non seulement avoir tout perdu, mais surtout de ne pouvoir revenir chez eux avant très longtemps s’ils s’en vont, sans parler du traumastisme d’abandon après la catastrophe. Ils voudraient occuper le terrain en quelque sorte, et le souvenir d’autres catastrophes italiennes ayant porté des victimes de séisme à vivre très longtemps comme des réfugiés supplante déjà la peur de la catastrophe.
Ce sentiment est augmenté par le phénomène grandissant ces dernières heures du « chacalisme » ou pillage. Les biens encore récupérables sont inaccessibles à leurs propriétaires, et ce pour leur propre sécurité, mais sont la proie de voleurs qui arrivent d’un peu partout, à ce qui est reporté par la presse transalpine. La police fait de son mieux pour les bloquer, ainsi que des « réfugiés imposteurs » qui se faufilent parmi les victimes pour bénéficier des repas et de l’hébergement. Le chaos des dernières heures avant celles du bilan.
L’entrepreneur s’est réveillé. Une autre « berlusconade » notoire a été livrée chaude hier lorsque Silvio Berlusconi lors de la conférence de presse a déclaré: “J’aimerai que se construise ici la première “new town”“. On devrait comprendre “Ville nouvelle”. Une référence un peu surprenante à son passé d’entrepreneur, illustré par la ville nouvelle de Milano 2 par exemple. Il a dit aussi: “Il y aura des investissements privés et avec le concours des banques nous pourrons réussir à obtenir des prêts dont le cout sera inférieur ou égal au montant d’un loyer ». Dans son élan n’a pas parlé du réseau télé privé mais on n’était pas loin.
Aux toutes dernières nouvelles des voix s’élèvent parmi les 8000 sinistrés qui sont hébergés par les 171 hotels à disposition. Ils se plaignent d’avoir à honorer les péages routiers alors qu’ils font des aller-retour entre ces hotels et ce qui reste de leur maison. Ils se disent quand même prêts à payer, mais qu’au moins ces péages soient actuellement « ouverts » pour ne pas ralentir la circulation, leur voyage.
De l’Italie sinistrée,
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