dernière mise à jour: 1/04/09, 19:30
François-Henri Pinault a été retenu en otage pendant 1 heure par des salariés Fnac et Conforama. Le PDG de Pinault-Printemps-La Redoute (PPR) a été libéré par les forces de l’ordre.

François-Henri Pinault (Gonzalo Fuentes/Reuters)
François-Henri Pinault a été à son tour tenu en otage par des salariés. Le Corriere della Sera l’a annoncé mardi 31 mars 2009 peu après 19h. La nouvelle est à la « Une » ce matin de tous les grands quotidiens transalpins, qui, relatant les faits, titrent à peu près tous sur « le roi du luxe lui-même victime de la tension sociale à France« . En France pourtant c’est très discret.
Alors que l’on parlait des 4 dirigeants de la Caterpillar (le patron et trois cadres) séquestrés à Grenoble, et qui le sont encore ce matin à la reprise des négociations, le grand patron François-Henri Pinault a été retenu pendant 1 heure par une centaine (ou une cinquantaine, selon les sources) de manifestants faisant vraisemblablement partie des futurs licenciés de la Fnac et Conforama : les 2 groupes ont annoncé le licenciement de 1200 salariés. Il a fallu l’intervention de la police pour « débloquer » la situation apparemment tendue. Elle fut très prompte.
François-Henri Pinault dirige le groupe PPR (Pinault-Printemps-La Redoute), qui détient Gucci, Puma, Fnac, Conforama, Surcouf, Agefi, Redcats, et Cfao, leader du secteur automobile et pharmaçeutique en Afrique et Dom-tom. Il est marié à l’actrice Salma Hayek. Son père François Pinault contrôle PPR « à hauteur de 43 % via la holding Artémis, dont la capitalisation boursière est de 17 milliards d’euros (avril 2007) ». On le considère « chiraquien ».
« François-Henri Pinault a été bloqué alors qu’il se trouvait à l’intérieur d’un taxi. Les forces de l’ordre se sont rendues sur les lieux et sont intervenues pour le libérer. »
L’agence Reuters confirme : « 19h26 : PARIS (Reuters) – Des salariés en colère ont bloqué pendant une heure la voiture de François-Henri Pinault, P-DG de PPR, avant que la police intervienne pour la libérer, annonce France Info. Personne n’était immédiatement disponible pour commenter l’information au sein du groupe de luxe et de distribution. »
Curieusement, l’information n’a pas été proposée dans les titres de 20h des journaux télévisés, alors que l’on semblait déjà tout connaître de l’échauffourrée.
Les faits. L’incident s’est déroulé dans le XVe arrondissement de Paris, alors que Mr Pinault sortait d’une réunion du groupe PPR. Il est bloqué dans son taxi par les manifestants. Le manège dure une heure (18h-18h55) avant que la police ne fasse place nette. Les faits ont été décrits par un journaliste de l’AFP et ensuite reportés par le journal Libération. Bien que titrer originalement au sujet du « blocage d’un taxi » a d’abord sembler très en-deçà de la réalité et gravité des faits et symboles ici évoqués.
On pourrait aussi les résumer ainsi: « Pendant près d’une des salariés en colère ont bloqué le véhicule, séquestré et insulté François-Henri Pinault, président du colossal groupe PPR et héritier désigné d’une famille (François Pinault & family) dont la fortune figure selon Forbes 2009 au 60e rang mondial : 7,6 milliards de dollars » (Bernard Arnault est le premier français, au 15e rang mondial avec 16,7 milliards de dollars).
Le journal Le Monde semble avoir choisi de ne pas considérer la nouvelle, se limitant à ajouter quelques lignes à la laconique dépêche Reuters, y reportant les propos très minimalistes du porte-parole de PPR pour raconter ce qui s’est passé: « Quelques représentants de salariés en colère ont un peu retardé la voiture de M. Pinault au moment de partir (…) Cette délégation a été reçue et a pu s’exprimer pendant le comité d’entreprise« .
Et les manifestants? Libération leur donne voix à travers le report des propos de Karl Ghazi, responsable de la fédération CGT commerce : « C’est scandaleux, le commissaire a fait semblant de discuter avec nous» et les forces de police «en ont profité pour nous foncer dessus pour sortir M. Pinault d’une situation délicate».
On peut néanmoins aisément imaginer que des mesures vont être immédiatement prises pour renforcer un encadrement policier visant à assurer une « meilleure protection » des grands patrons français. Ou qu’il est maintenant imploré et exigé par ces derniers. On a dit aussi que François-Henri Pinault avait beaucoup téléphoné pendant qu’il était bloqué…
Ce qui est certain c’est que la tension sociale n’est pas prête de s’amoindrir. Alors que désignera la ou les prochaines victimes? L’annonce d’un nouveau plan social? ou tout simplement l’exaspération des français face à des fortunes incompréhensibles et devenues insupportables à leurs yeux? Il faudrait vouloir commencer à essayer de les comprendre, qu’on partage leur point de vue, leur détresse, ou non.
À suivre
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Source: Il Corriere della Sera, Liberation, Yahoo.news, France2.fr, Le Monde.








