Google en rêvait, il l’a fait. Le 19 mars arrivait l’annonce de la « passionnante fonction Street View sur Google Maps (qui) s’enrichit d’une trentaine de nouvelles villes françaises« .
Vu d’en haut, et maintenant aussi d’en bas… Ahem, oui-bon-enfin : après la vue aérienne de Google Earth grâce à laquelle on a pu vérifier l’état du toit de nos maisons, voir celles des voisins et maman qui bronzait tranquille dans son jardin, GOOGLE STREET VIEW (lancé depuis 2007 aux Usa) se développe donc en Europe. Il a pour sujet de prédilection les rues… et ses passants : « comme s’y on était ». À ce détail près que ses « voitures google » nous mitraillent maintenant de près, réalisant des vues à 360 degrés, sans demander quoi que ce soit à qui que ce soit.
Shocking. À peine lancé sur le Royaume-Uni (jeudi 19 mars 2009), le projet prend une première petite claque, mais moindre que… celle déjà prévue par son promoteur Google, qui se targue d’avoir déjà en stock des dizaines de millions d’images, mais se voit donc contraint de retirer ou « obscurcir » des centaines de photos de citoyens british pas contents du tout. Ainsi celui qui sortait tranquille de son sex-shop préféré, untel qui vomissait devant son pub habituel, etc. (certaines de ces photos sont publiées sur le site du Daily Mail). Mais aussi, selon Bbc on line, quelques problèmes liés à des images ayant attrait à des opérations ou arrestations policières.
Qu’en dit Google ?
Les responsables assurent que la vie privée (privacy) sera respectée, et que toutes les photos signalées comme « abusives » par les usagers mécontents seront retirées, qu’ils sont en train de « contacter » les plaignants. C’est-à-dire… de leur répondre. Aucun chiffre n’est délivré pour indiquer la tendance de ce phénomène. Seulement une invitation :
« Viens donc cliquer chez nous pour voir si au cas-où on n’aurait pas enfreint ta vie privée pour faire notre business ». En bref, Google, tout sourire, invite les surfeurs à visiter « Street View » afin qu’ils y puissent vérifier personnellement si une éventuelle photo d’eux-mêmes, et mise en ligne par Google (le terme ne serait-il pas « volée » ?) y serait présente et peut-être les dérangerait. Et ainsi, le cas échéant, le leur signaler. Je traduis : « Viens visiter notre site (donc des centaines de milliers -des millions…- de clicks) et nos pages (emplies de liens commerciaux personnalisés à ton profil de navigateur) pour vérifier si par hasard on aurait pas violé ta privacy« .
Mais de qui se moque-t-on ?!
Et chez nous ? Y-a-t-il un ministre compétent en la matière, et qui aurait un instant pour penser à s’occuper de la vie privée de ses très ordinaires citoyens? À force d’avoir, on l’espère, longuement potassé le dossier du « web en France » ces dernières semaines, le sujet ne devrait plus avoir aucun secret pour nos fiers élus.
-a&c-

Illustration : Google Street View (source: www.canalmoins.fr)
Source : Il Corriere della Sera, Rtl info.be, BBC on line, Daily Mail
Cet article a également été publié sur LePost.fr : ICI )







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